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Le Château des templiers est à vendre

 
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Lucien Ruth


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MessagePosté le: Mar 27 Jan - 08:40 (2009)    Sujet du message: Le Château des templiers est à vendre Répondre en citant





     Le 07 Novembre 1306, dans un vieux château du haut Var, par une nuit d’Automne. Charlotte de Saint Clair, accompagne elle même ses deux enfants dans la chambre Sud, elle pense qu’ils serons là, à l’abri du froid, en tout cas moins exposés que celle du Nord. Arrivée dans la grande chambre, elle couche ses enfants, reste avec eux un moment, les embrasse puis elle les couvre d’une chaude couverture :
   -« Dormez bien mes amours ! »
     Elle souffle les bougies, puis quitte la chambre en refermant bien la porte. Dehors, le vent glacial transperce les murs du château et s’engouffre en sifflant, dans les longs couloirs obscurs. Charlotte, décroche un chandelier pour rejoindre sa chambre. A chacun de ses passages, les ombres des vieilles armures s’animent tout autour d’elle. Elle rajuste son châle sur sa poitrine. Les rires et la musique de la beuverie que donne son époux Pierre à ses cousins, parviennent jusqu'à elle. Au détour d’un couloir, elle rencontre Constance, la gouvernante :
  -« Madame, vous allez attraper la crève dans ces couloirs. Voyez comme vous tremblez ! Pourquoi avoir coucher vous-même les enfants, c’est mon travail ! »
  -« Oh, Constance, j’ai comme un pressentiment cette nuit, j’ai peur, je crains pour mes enfants ! ».
  -« Voulez vous que je reste près d’eux, cette nuit ? »
  -« Oui ! Volontiers, veillez sur eux, je les aime tant ! ».
Elles se quittèrent.
Il y a banquet dans la grande salle surchauffée. On mange copieusement, on s’amuse, on danse et beaucoup de filles sont là. Comme de coutume, ces soûleries sont données par le comte Pierre de Saint Clair. D’ailleurs ses cousins, sont tous là, du moins ceux qui ont bien voulu accepter son invitation. Dans le chahut de la musique et des rires, le cousin Frédérique de Jocaste dans un excès d’alcool interpelle Pierre :
   -« Mon cher cousin, ces fêtes sont si joyeuses, cette table si grandement garnie et les filles si délicieuses mais tout cela coûte fort chère, comment comptes tu, nous rembourser et quand ? ».
     La réjouissance s’apaise, la musique se fait douce et tous regardent le cousin Pierre qui essaye de se lever mais ne réussi qu’a moitié, il resta finalement sur son siège.
   -« Mes chers cousins, je vous dois beaucoup, c’est vrai ! Réussit-il à dire, Votre oncle, Auguste de Saint Clair, donc mon père, est âgé de  82 ans c’est un ancien croisé qui a servi sous Saint Louis à la 8 ème croisade. Vous le savez, il possède, toutes les terres qui nous entourent, les douze fermes de Pélenq  Plus encore, toute la région de Valmogne. Vous serez remboursé quand votre oncle moura, amusez vous en attendant ! »
     La musique reprit.
     Pierre finit bruyamment un pichet de vin puis s’écroule  sur la table. Une fille à demi nue, vient le consoler.
   -« Mon cher Pierre, ajoute Frédéric, je t’informe que j’ai rencontré ce jour, Maître d’Arcy, le notaire de notre oncle, avec cinq pièces d’or, il a pu me chuchoter les récentes dispositions testamentaires. En fait, tu n’es pas son héritier, mais bien les enfants de Charlotte, nés de son premier mariage. Quant à toi tu es déshérité, semble-t-il! »
     La musique s’arrêta net.
     Pierre mit du temps à réaliser, il leva la tête, trouva le pichet de vin devant lui et le lança violemment vers les musiciens. En même temps, renvoie sauvagement la fille.
   -« Je vais de ce pas, rectifier les dispositions, dit-il avec rage ! ».
Il rectifia sa tenue, et décrocha sa lourde épée, puis vacillant, il partit à travers les couloirs Sud, tandis que Frédéric de Jocaste, invita tous ses cousins à quitter le château.
     Pierre marchait précipitamment, vers la grande chambre où dormaient les enfants de Charlotte, au passage il renversa plusieurs grands chandeliers et armures. Arrivé devant la chambre, il se jeta plusieurs fois sur la porte qui finit par céder. Constance, essaya de s’interposer, mais elle reçut les premiers coups mortels, puis, fou de rage alla vers les lits des enfants et s’acharna sur eux. Ils reçurent à plusieurs reprises les coups d’épées lancés avec force. Sur les petits lits, ce n’étaient plus que des enfants profondément entaillés réduits en lambeaux de chair et baignant dans leur sang.
700 ans plus tard, le 07 Novembre 2006, dans le joli village de Baudinard sur verdon. C’est samedi matin, il y a beaucoup de monde dans la boucherie charcuterie traiteur de  Matteo Langres. Sur sa table de travail, un magnifique quart de bœuf.
   -« Combien de côtes, je vous mets Mme Gale, quatre, cinq ?
   -« Non, quatre çà ira, merci ! »
     Mattéo, installe son quart de bœuf, puis avec un long couteau tranchelard, découpe soigneusement la viande jusqu’à l’os.
   -« Quatre belles tranches, vous allez vous régaler Mme Gale ! Et n’y mettez pas un frein ! »
   -« Pardon, s’étonne la cliente ? »
   -« Oui, le frein, la frein gale quoi ! »
Mattéo se mit à rire de sa boutade, suivi par tout le monde, la cliente plutôt réservée, a moins apprécié. Dans le village, à présent elle sera connue sous le nom de Mme Fringale.     Mattéo, avec sa bonne humeur matinale, entame « J’me voyait déjà, en haut de l’affiche !… ». Il prit le gros couperet pour finir ses côtes de bœuf. Adroitement et avec force il trancha net, la première côte, puis le deuxième, puis la troisième, il s’apprêtait à trancher la quatrième, lorsqu’il entendit une cliente  discuter avec une autre :
   -« Il parait que le château des templiers est à vendre ! ».
Dans la seconde qui suivit, le lourd couperet trancha sec le pouce entier gauche de Mattéo. Lequel poussa un cri effroyable quand il vit son pouce, sauter dans le plat de cannelloni, les clients médusés, regardaient le pouce ensanglanté, baignant dans la sauce tomate. Ils poussèrent un cri d’horreur quand ils le virent bouger nerveusement. Tous quittèrent précipitamment la boucherie. Les plus courageux, proposèrent d’appeler en urgence le « 18 le 17 ou le 15 » ou  même, Madame scotch la pharmacienne. Etrangement rapide, une voiture du Samu arriva et les premiers soins furent prodigués à Mattéo, mais il à été décidé de l’amener aussitôt à l’hôpital de Draguignan pour une éventuelle greffe. C’est Justinien le commis qui fût chargé de récupérer le pouce, ce dernier était embêté, dans le plat de cannelloni, il lui était impossible  de distinguer le pouce en sang avec les rouleaux de cannelloni en sauce. Très responsable, il décide alors de prendre tout le plat.
     Revenons un peu en arrière.
     Matteo Langres, boucher de son état, a épousé, en juillet 1977, Mme Héloise Henant, veuve Marinides. Dont elle a eu de ce premier mariage, deux enfants. A la mort de son mari, propriétaire du château et descendant direct du comte, Auguste de Saint Clair, compagnon de St Louis à la huitième croisade, à sa mort donc, c’est Héloïse, qui a hérité du château, que les gens de Baudinard  surnommaient  communément la ferme des templiers, puis la ferme des croisés, puis la ferme tout cour. Et aujourd’hui, « le château des templiers ». C’était en fait, une simple et grande ferme avec deux tours en ruines. Héloïse et ces deux enfants, âgés de 32 et 35 ans, souhaitaient vendre au plus vite le château. Ce château, disaient-ils est froid et surtout serait hanté. En effet 700 ans plus tôt, un crime horrible avait été commis. Ils affirmaient même, parfois entendre la nuit, des cris d’enfants, ou des coups portés à la porte, et aussi, apercevaient des taches de sang sur des surfaces blanches etc.… Bref, ils ne supportaient plus de vivre dans ce château. A l’inverse, Mattéo, voulait lui, conserver le château pour le transformer en chambre d’hôtes. Il n’a jamais cru à ses histoires de fantômes. De ce désaccord, s’installait, un malaise permanent, souvent de sérieuses  disputes s’engageaient. Toutefois la nuit précédent l’accident du pouce, Héloïse s’était donnée à son mari, espérant  l’amadouer et ainsi avoir son accord, pour vendre. Ils avaient fait et refait l’amour une grande partie de la nuit. De son coté, Mattéo avait été un peu surpris des élans d’Héloïse, il s’était dit « C’est dans la poche, elle accepte mon idée des gîtes !». Et même, s’il ne croyait pas à  ces fantômes, une petite publicité dans ce sens ne fera pas de mal, tout au contraire. Il se voyait riche et puissant. Au matin à la boutique, il avait chantait « J’me voyait déjà, en haut de l’affiche…. » Aussi, quant il avait entendu une cliente dire :
   -« Il parait que le château des templiers est à vendre ! ».
« Son sang n’avait fait qu’un tour » et sa maladresse lui avait coûté son pouce.
     L’opération de la greffe à réussit, son hospitalisation touche à sa fin. Ensuite, pour lui, plusieurs semaines de rééducation. La boucherie avait pu rester ouverte, et avait tourné sous la responsabilité du chef en second.
   -« Mais qu’est-ce que je lui ai fait, se disait chaque jour Mattéo dans sa chambre d’hôpital. Elle décide seule de vendre, et moi ne suis-je pas son mari. On aurait pu en discuter ensemble. Mais non, Mme Héloïse Hénant-Marinides prend les décisions toute seule. Mais je ne me laisserais pas faire ! »
     De très mauvaises pensées traversaient son esprit. Du fond de son lit, il ruminait des vengeances.
   -« Elle vient même pas me voir, je peux crever. Peut-être c’est ce qu’elle souhaite, après tout. C’est bien du sang de meurtrier qui coule dans ces veines, du sang de son connard de mari, les Marinides eux, et tous leurs  ancêtres, que des assassins. Dès mon retour, je les empoisonne tous les trois, elle, et ses deux enfants, avec de la mort aux rats, ils souffriront et je me marrerais en les voyant vomir et se tordre, ensuite je me pends. Je peux aussi, prétextant une ballade en voiture, les jeter du haut d’une falaise dans le Verdon ou les noyer dans le lac, Ou encore les écraser contre des rochers. Non, plutôt les découper avec mon couperet, celui qui m’a amputé le pouce, je brûlerai ensuite, leurs cadavres et la boutique avec moi à l’intérieur. Mais j’y pense, Le puits au milieu de la cour profond de 28 mètres ? A moins que... Oui, c’est çà ! Les oubliettes du château, SON château, voilà une idée, on ne les retrouvera jamais là, je débarrasse le trou de toutes ces merdes, cailloux, ferrailles et autres et je les jette dedans, tout au fond, puis je rebouche le tout. Ils pourriront lentement, avec leurs fantômes !... »
Une infirmière entra :
   -« Bonjour Mr Langres, vous pourrez sortir aujourd’hui, et vous habiller. Vous passerez à l’accueil, on vous remettra vos certificats. Vous commencerez chez vous, la rééducation, On vous communiquera les coordonnées de la Kiné, Une ambulance vous attend! »
     Mattéo remercia l’infirmière. Alors qu’elle s’apprêtait à sortir, il l’a rappelle.
   -« tout compte fait, je souhaiterai que vous m’appeliez un taxi! ».
   -« Comme vous voulez ! »
Vingt minutes plus tard, Mattéo, communiqua une adresse au taxi.
Peu après, au taxi :
   -« Attendez moi là, j’en ai pas pour longtemps ! »
Matteo poussa la porte d’une boutique, discuta un moment avec le marchand et sur les conseilles de celui-ci, choisit un pistolet model 80, de 4ème catégorie.
   -« Pour vous défendre, c’est l’arme qu’il vous faut, avait dit l’armurier, je vous met, une boite de six ou douze balles? ».
Mattéo, sortit de la boutique, son arme dans sa poche.
Il reprit le taxi :
   -«  s’il vous plait, au château des templiers, après le village de Baudinard, sur la D 71 ! »
     Le taxi mit 1 h10 pour arriver au château. Matteo paya sa course puis il s’engagea dans la courte allée bordée d’eucalyptus, en cet après midi d’Automne, le sol était tapissé de feuilles mortes. La campagne était silencieuse à peine dérangée par des corneilles au loin. Mattéo s’approcha du porche et poussa la lourde porte. Il entendit jouer du clavecin. Sa main droite serrait le pistolet dans sa poche. Sa tête était défaite son visage était pâle, ses traits durcit, il releva son col de son pardessus, il avait froid, mais ne tremblait pas.
-« C’est elle, Héloïse qui joue. Son clavecin aussi je brûlerai, Bach et les autres, pensa-t-il ! »
La musique s’arrêta :
   -« Ils se sont aperçu de mon arrivée ! »
C’est Jeff, le jardinier qui vient à sa rencontre :
   -« Bonjour Monsieur, venez vous réchauffer à l’intérieur, Monsieur va bien ? ».
     Mattéo ne répond pas. Il rentre dans la cuisine. Refuse de se séparer de son pardessus, puis prit un couloir, celui qui mène dans la grande salle, là où devait se tenir Héloïse. Il s’approche de l’entrée, la main, toujours crispée sur la crosse du pistolet. Face à la porte, il hésita une seconde puis l’ouvrit brutalement, il fut surprit de trouver devant lui, sa femme souriante, derrière elle beaucoup de personnes étaient là. Il reconnu, autour de la grande table joliment garnie, quelques amis et tous ses employés, qui, le verre à la main, lui crièrent tous en cœur, « bon retour au château ! » Héloïse embrassa son mari et se serra contre lui, Mattéo la repoussa et dit :
   -« Vous fêtez la vente du château, c’est çà ! »
   -« La vente du château, s’étonna Héloïse ? Pas du tout, il n’y a eu aucune vente. Tout le monde est là pour fêter ton retour, allez viens, suis moi, tu as même une surprise qui t’attend! »
     Mattéo, abasourdi se laissa accompagner, il ne savait pas quoi dire, au passage il n’arrivait pas à répondre aux sourires de ses amis, ou même, leur serrer la main, à peine arrivait-il à les saluer de la tête. Machinalement, sa main quitta enfin la poche de son pardessus et serra mollement quelques mains.
Héloïse lui demanda de s’asseoir au bout de la table et un de ses fils lui apporta un lourd paquet qu’il plaça devant lui. Mattéo l’ouvrit et vit s’étaler sur la table, des centaines d’échantillons de tissus.
   -« C’est quoi, demanda-il ? »
   -« C’est pour la décoration des chambre d’hôtes ! »
Mattéo hésite puis, bafouille quelques mots :
-« Les chambre d’hôtes ? Mais, tu veux bien… ? »
Héloïse fit un grand oui de la tête.
     Pour Mattéo, s’en était trop, il s’effondra  sur les échantillons et se mit à chialer comme un enfant.
     Le reste de l’après midi, se passa tranquillement entre verres de champagnes, et petits gâteaux. Tous les doutes avaient été dissipés et on vit Mattéo et Héloïse main dans la main faire des projets. Plus tard, dans la soirée, Mattéo se retrouve seul dans la cour, il se dirige vers le puits, il veut se débarrasser du pistolet, mais avant, il s’imagine dans la boucherie cherchant la cliente, celle qui a dit :
   -« Il parait que le château des templiers est à vendre ! ».
Il l’a repère, vise sa tête et fait mine de tirer : « Pan ! pan ! pan ! » Il jette ensuite le pistolet au fond du puits, Il entendit   le bruit de sa chute, sept seconde après. A cet instant Héloïse le rejoint. Elle se blottit un moment dans ses bras, Elle se trouve bien. La nuit est douce et le ciel dégagé, elle lui dit :
-« Tu sais, on devrait acheter un pistolet, pour nous défendre des gens qui voudraient nous faire du mal ! ».
Lucien Ruth   (03 Novembre 2007)
F I N

 












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Je souhaiterai partager mes histoires que j'ai imaginé. Des histoires vraies mais qui ne sont pas encore arrivées!

"Ecrire, c'est parler sans être interrompu" Jules Romain


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MessagePosté le: Mar 27 Jan - 08:40 (2009)    Sujet du message: Publicité

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