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Extrait de mon roman..."Emilie entre fabulations et vérités"

 
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Admin - Marie BARRILLON
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MessagePosté le: Sam 24 Jan - 00:53 (2009)    Sujet du message: Extrait de mon roman..."Emilie entre fabulations et vérités" Répondre en citant

...

Je vous présente (pour ceux qui ne le connaissent pas) deux extraits de mon roman "Emilie entre fabulations et vérités"  :

Emilie, une mamie à travers le temps raconte et se raconte. elle résume ses 90 ans de vie. Les décennies traversées. Elle fait le compte et le décompte d'une vie bousculée par les événements, les guerres, les joies, les tristesses. Féministe jusqu'au bout des doigts à une époque qui ne l'acceptait pas, elle se remémore ses batailles. Dans la joie, elle raconte l'évolution de la vie en générale et la sienne en particulier, en passant par l'évolution et le modernisme. Elle est pleine d'humour et d'amour, de révolte et de tendresse, elle enjolive parfois le passé pour en faire apparaître moins de misère. Elle s'est toujours battue pour sa liberté et celle des femmes en général. Et même aujourd'hui au seuil de sa vie, elle reste libre.



"... A certains moments, mes jours n’ont plus de jours. Lundi, mardi… et puis quoi encore ? Qu’est-ce donc ? Rien ! Rien que ce temps qui passe trop vite et par ces dénominations rafraîchit la mémoire sur la distance qu’il a parcouru imperceptiblement. Les heures et les minutes ne me disent plus rien. Elles ne sont qu’une alarme constante pour rappeler ce temps qui s’enfuit sans retour. Sans avertissement. Sans permission. La vie n’est qu’un aller sans retour parsemé de quelques escales où l’on n’a pas la possibilité de s’arrêter, d’admirer, tout juste celle de voir. D’apercevoir. Où les embûches ne se comptent pas. Le temps ne s’arrête pas, ne se repose pas, nous transporte malgré nous, malgré nos lassitudes. Il nous tire en avant sans violence mais sans restriction non plus. D’une manière silencieuse, il nous indique la route, nous montre le chemin. Et nous le suivons sans même nous en rendre compte.
Et puis un jour, s’installe en nous, presque subitement, la peur de vieillir. Et vieillir tout de même. Là, nous nous apercevons de notre aveuglement. L’obsession du vieillissement nous enveloppe. Vieillir alors nous interpelle, nous apostrophe, nous percute par ses multiples bouleversements. L’affolement s’approche tranquillement.  
Voyez comme nous ne pensons jamais à cela dans notre quotidien trop préoccupé.

La vieillesse nous fait un grand signe, de loin. Puis, un clin d’œil invisible que nous percevons tout de même. Elle nous souffle à l’oreille des mots que nous ne comprenons pas. Le langage de cette vieillesse ne nous est pas familier. De plus, nous refuserions d’entendre, sourds à ses arguments peu convaincants. Elle nous tapote l’épaule. Au début doucement comme un ami cher, avec légèreté. Puis, quand elle est bien là, elle nous met une claque, brutalement, violemment comme un ennemi retrouvé. Une grande claque dans le dos. Visiblement, elle déteste notre indifférence. Sans trompette, elle nous afflige de sa petite laideur grandissante pour mieux se faire sentir. Pour mieux montrer sa présence, nous obligeant ainsi à l’exposer sans espoir de la camoufler. Son arrivée cavalière se transforme bien vite en intruse indésirable et sans manière, comme une enfant bien mal élevée.
Il ne nous reste plus alors qu’à accepter de vivre face à cette infirmité qui nous enlace tel un amant trop épris, sans pouvoir faire autrement que de se laisser aller. Là… dans une torpeur involontaire mais évidente. Nul choix possible. La route est tracée mais jusqu'où ? Allez sans retour !

Nous ne sommes que les poupées de la vie. Poupées soumises. Ma seule soumission puisque c'est la seule que je ne peux éviter. Le temps nous colorie de ses teintes adorées. Nous nous plions alors à ses exigences. Faire des manières n'y changerait absolument rien. A chaque minute correspond des degrés de couleurs qui palissent au fil du temps. Et nous subissons ce changement avec un regard triste et résigné.



Comme tout le monde, c’est ce que j’ai fait. J’ai atteins cette vieillesse alors que je ne m’y attendais pas. Ne m’y étant pas préparer. Dans le tourbillon de la vie, nous ne pensons pas à préparer ces choses là. Et pourtant, nous ne sommes jamais oubliés. Rêveurs inconscients, comme des enfants naïfs. Assommés un beau matin, la raison surgit de sa lointaine retraite. La lucidité reprend ses droits. Et là enfin, nous réalisons comme nous avons voilé notre regard face à la réalité ..."       
 
 ******************************      
"...Mon gamin a cinquante deux ans. Oui cinquante deux ans et il est toujours mon gamin. Encore et toujours. Mon petit à qui je n’ai peut-être pas offert une enfance cohérente. Vu mes idées d’indépendance et ma vie de tendre bohème joyeuse. J’étais très laxiste, trop. Il est arrivé quelques années après la seconde guerre.
Il est mon seul enfant. Heureusement ! Je dis cela dans le sens où il n’y aurait pas eu assez de place dans mon univers pour d’autres enfants. J’aurais été malheureuse dans les sacrifices.
Il me semble que nous devons vivre pour être heureux, non pour subir lorsque nous ne portons pas certaines qualités dans notre sang. Mon fils m’a grandement suffit et amplement comblé tout à la fois. Il était ma fierté. Mon plus bel acte. C’était un trésor à lui seul, il l’est toujours.
J’ai fait de lui un homme malgré toutes les difficultés. Je crois avoir réussi. Peut-être est-ce d’ailleurs ma seule réussite. Il est vrai que je n’ai pas souhaité d’enfant. Il est arrivé “comme un cheveu sur la soupe”. Mais alors, quel cheveu ! Un premier avril en plus. Quel poisson ! Ah ! Ah ! Ce n’était pourtant pas une blague.
Parfois, la réalité a un petit coté comique.
La contraception n’existait pas. L’avortement n’était pas reconnu. Il n’y avait que les méthodes illégales et pouvant s’avérer très dangereuses. C’était le cas les trois quarts du temps. C’était chaque fois comme un coup de poker. La main de la vie s’abattait sur les femmes comme pour leur dire “toi, tu reproduiras”.


Car à mon sens ce n’était que de la reproduction. Les familles étaient nombreuses. Trop nombreuses. Dix. Onze. Douze enfants, souvent plus encore. Les femmes n’avaient pour ainsi dire pas le temps de souffler entre une naissance et la grossesse suivante. Je ne voulais pas d’une telle vie. Estimant que nous avions tous droit à certains choix, surtout en matière d’avenir et ne concevant pas, même encore aujourd’hui, que les hommes décident de la suite à donner à notre destin. Toutes ces femmes ne désiraient pas forcément avoir autant d’enfants.

J’ai milité avec d’autres pour la contraception et le droit à l’avortement. Cela faisait partie de la liberté de la femme dans mon esprit ainsi que dans celui de mes camarades militantes. Notre reconnaissance dans notre société. Notre choix de mieux donner à un ou deux enfants plutôt que peu ou pas assez à dix.


Notre droit de vivre..."      
 
 
http://www.manuscrit.com/catalogue/auteur.asp?idAuteur=3856
 
J'espère que vous aurez plaisir à les lire.      
 
Marie BARRILLON      

*****************
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MessagePosté le: Sam 24 Jan - 00:53 (2009)    Sujet du message: Publicité

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Eric Bertorello
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MessagePosté le: Lun 2 Mar - 19:08 (2009)    Sujet du message: Extrait de mon roman..."Emilie entre fabulations et vérités" Répondre en citant

Voilà le deuxième livre de Marie est terminé pour moi aujourd'hui...

Que dire sur ce livre, à part que du bien... Okay Okay Okay

On plonge dans une tranche de vie délicieuse, on plonge dans l'amour, la tendresse...

On découvre quelque part je pense le grand grand CŒUR de Marie dans ce livre...

Il déborde d'amour comme son auteur je pense... Il déborde de sincérité...

C'est simple je suis sous le charme de cette tranche de vie...

Il y a beaucoup de leçons à tirer de cet ouvrage, beaucoup d'images sur le sens de la vie... d'où on vient et ce que l'on devient, tout cela vis à vis de son ou ses enfants...

Très beau livre Marie...

Dans tes commentaires tu disais que tu espérais que tu espérai que nous aurions du plaisir à les lire, et bien je peux t'assurer que j'ai passé une journée avec deux de tes livres et que cette journée a été plus qu'agréable pour moi... Un peu plus sérieuse avec le premier pour finir en douceur et tendresse avec le second... Merci Marie...
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MessagePosté le: Lun 2 Mar - 19:21 (2009)    Sujet du message: Extrait de mon roman..."Emilie entre fabulations et vérités" Répondre en citant

Tes mots me touchent beaucoup Eric et je t'en remercie.

Merci à toi de les avoir lu et de les avoir tant apprécié, et j'en suis très heureuse.
J'espère apporter autant de plaisir à tous mes lecteurs.

Je t'embrasse.

Marie
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Michèle Sébal


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MessagePosté le: Ven 13 Mar - 14:13 (2009)    Sujet du message: Extrait de mon roman..."Emilie entre fabulations et vérités" Répondre en citant

oui des mots justes et touchants, où la tendresse se lit, nous enveloppe. merci marie.
bisous


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MessagePosté le: Ven 13 Mar - 19:36 (2009)    Sujet du message: Extrait de mon roman..."Emilie entre fabulations et vérités" Répondre en citant

Merci Michèle
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