L'univers des mots Index du Forum
L'univers des mots Index du ForumFAQRechercherS’enregistrerConnexion

La brocante d'Hibakusha

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    L'univers des mots Index du Forum -> Lectures en vrac -> Vos textes perso...
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Stéphane Fouasseur
Top posteur N1
Top posteur N1

Hors ligne

Inscrit le: 17 Jan 2009
Messages: 56
Localisation: Ermont
Masculin Sagittaire (22nov-21déc) 鼠 Rat
Point(s): 1 702
Moyenne de points: 30,39

MessagePosté le: Dim 18 Jan - 23:09 (2009)    Sujet du message: La brocante d'Hibakusha Répondre en citant

Ce matin je suis allé me promener.
Oh, pas très loin, juste à la brocante, à deux pas d’ici…
J’y ai vu de nombreuses choses des plus communes : chaises, lampes, tables…
Et d’autres, un peu moins : Pièces détachées de vieilles voitures, lots de jouets divers ayant vraiment appartenus à un autre age, machines d’usines… (Mais que font tous ces gens à garder ces inutilités ???)
Il est vrai que le divertissement en ce lieu est… étrange : Tout le monde y dévoile une partie de sa vie, de son temps passé, de ses peines ou ses joies liées à tous ses objets que le temps et la mémoire ont peu à peu rendus désuets, inutiles, juste bon à collecter un peu de poussière dans un coin de cave ou de grenier…
Et, alors que mon amusement consistait surtout à rire du passé de tout cela, un objet m’a provoqué un trouble certain… plutôt banal pourtant : un tableau…

Il était là, posé debout à même le sol, appuyé sur un pied de table… Seule une recherche nerveuse du vendeur dans le carton qui le cachait et l’obligeant à soulever énergiquement celui-ci me permit de le découvrir…
Il ne disposait pas de cadre et je n’en distinguait que quelques détails : les couleurs tout d’abord, composées principalement d’orange, de marron et de noir… Et les formes approximatives ensuite : le orange pour le rectangle verticale au centre, le noir pour le contour et le marron faisant une sorte de liaison par « fondu »…
Je m’en approchais donc sans le quitter des yeux, comme assujettit à une force, un appel… une envie de pénétrer cette « fenêtre » orange au cadre marron sur ce mur noir….
-« combien pour ce tableau ? »
-« pardon ? »
-« vous le vendez combien ? »
-« c’est une erreur, il n’est pas à vendre monsieur… »
Bah… pourquoi a-t-il l’air si gêné ?
-«  Je ne comprends pas…. Que fait-il ici alors ? »
-« euh…. Je ne sais pas… il ne devrait pas… je vais le ranger…»
Il prit la fameuse toile du bout des doigts, l’enveloppa d’un tissu et la déposa délicatement dans un carton… Plutôt étrange d’ailleurs…. Au demeurant, il ne s’agissait que d’une toile qui aurait pu paraître des plus bêtes au commun des mortels… Mais moi, elle m’intriguait, m’attirait, avait un message à me faire passer… Quant à lui, il semblait en prendre soin comme s’il s’agissait de pouponner son enfant…
-« ça va monsieur ? »
-« oui…. »
Son « oui » sonnait bizarrement, accompagné de cette larme sur sa joue…. Je lui tendis un mouchoir…
-« vous êtes sûr ? Je veux dire… je vous trouve très émotif devant cet objet… »
-« ce n’est rien… Une blessure qui appartient au passé… et… ça passera…. »
-« bon… si vous le dites…. »
Et là…. Nous fûmes coupés par son parasol… Celui-ci s’étant mis à bougé brutalement d’avant en arrière…. Je n’avais pas remarqué : un fil épais, accroché à une baleine partait directement vers la maison située 3 mètres derrière l’étal et traversait les volets fermés de la bâtisse… Quelqu’un, de l’autre côté,  tirait fort… L’homme s’excusa et tira de sous une table un petit boîtier muni d’une antenne…. Il appuya sur le bouton du Baby Phone :
-« Oui maman ? »
-« Qui est-ce ? »
-« rien… »
-« Tu ne sais pas mentir mon fils…. Pourquoi cet homme t’a donné ce mouchoir ? »
-« Il voulait acheter Hibakusha 154… comme tu le sais : je ne peux pas… »
-« Que fais-tu avec ? Pourquoi est-il à la vue de tout le monde ? »
Pas contente la dame….
-« une erreur maman… je m’excuse…. »
-« fais-le rentrer…. »

Il rangea l’appareil et se dirigea vers l’étal voisin afin de demander au vendeur de garder un œil sur ses biens… Puis me fit signe de le suivre en me priant d’être bref, sa mère étant très fatiguée…
Je fus tout d’abord surpris par le silence assez pesant : pas de radio ni télévision en fonctionnement.
Traversant un petit couloir, ce fut l’assombrissement générale des lieux qui m’inquiéta le plus : pas de lumière, tous volets fermés…. Un couloir… une pièce à gauche…. Le couloir toujours… jusqu’à ce qui devait être un salon…. Le peu de clarté provenant de l’extérieur ne me permettait que de deviner les contours des meubles : là, un bahut, là un canapé, ici une vieille femme posé sur un sofa à 2 mètres de la fameuse fenêtre… le fil qui traverse….…. Puis le silence… encore et toujours alors que je me retrouvais seul avec la femme…. Quelques minutes de plus dans cette pièce et je deviens fou… j’engage donc la conversation en allant droit au but :
-« pourquoi je ne peux acheter votre hiba… machin chose ? »
-« Vous ne connaissez pas ce mot n’est-ce pas ? Hibakusha ?»
-« non en effet… »
-« parce qu’il n’a pas de prix…. »
-« comment ça… tout peux s’acheter aujourd’hui ! »
-« non, ne croyez pas ça monsieur, rangez vos billets, ils ne servent à rien parfois ! »
-« Comment ça, je ne comprends pas…. »
-« Alors écoutez-moi… Ensuite vous me direz combien vous voulez y mettre ! »
J’y mettrais ce que je pourrais en fonction de ce que j’en sais : mais si c’est pas un tableau de maître, pas de raison que cela me coûtes trop non plus ! 
-« d’accord…. Mais qui en est l’auteur ? »
-« moi…. Ceci est une part de moi…. »
-« … »
-« je me prénomme Marie-Rose, née d’une famille plutôt aisée en 1919, mon père, un industriel de renom, voyageait beaucoup. Toute la famille le suivait. J’ai ainsi découverts les Indes, le Congo, l’Argentine et j’en passe… A tel point que je ne peux aujourd’hui tout vous énumérer… Cependant, un pays me fit un effet particulier : le Japon… En 1938, pressentant que la guerre était proche en Europe, il décida de vendre toutes ses affaires, ses commerces et il nous emmena au Pérou où d’autres familles d’industriels suivirent… Ce fut la vie de château loin des horreurs de la guerre et lors de nos soirées entre « gens fortunés » - autant vous dire que nous formions une sorte de caste très fermées dans laquelle ne parvenaient à s’intégrer que ceux qui étaient Européens et qui avaient de surcroît un compte en banque assez fourni – je fis donc la rencontre d’un jeune homme qui plut assez à mon père pour se permettre un an plus tard de lui demander ma main… L’apparition de cet homme dans ma vie tenait de la providence pour moi parce qu’au plus profond de moi, le monde que je côtoyais par le biais de mes parents m’ennuyait terriblement… Je ne me reconnaissais pas dans leurs intérêts toujours plus financiers qu’humains… Ils n’étaient aucunement dérangés par le fait que leurs affaires tenaient la vie de pauvres dans ce monde, de leurs enfants… de « crèves-la-faim »…. Toujours plus de profit… »
-« ça a toujours été… ça ne changera jamais je pense… »
-« N’ayez pas autant d’amertumes dans la voix… on n’est pas forcé de suivre… regardez-vous, vos affaires, votre vie : qu’est-ce qui au fond n’a pas été fabriqué par une machine derrière laquelle une personne fait vivre sa famille pour dix francs six sous ? »
-« … »
-« Donc, je reprends, je fis la rencontre de Pierre, nous nous mariâmes en 1939 :une horrible longue cérémonie où j’eus le sentiment que toute l’industrie du monde était représentée… Puis cet homme me fit deux beaux bébés : Fulbert en 1940 et Patricia en 1942… Puis, il en eut marre des affaires, il décida de tout lâcher… et voulu m’emmener en voyage pour « une durée indéterminée » comme il aimait me le dire…. Sachant mon amour pour le Japon, ce choix s’imposa à ses yeux comme le seul bon… le temps pour lui de régler quelques affaires et nous voici partis tous les quatre fin juillet 1945 pour un petit hôtel sans prétention dans cette fameuse ville funestement connue : Hiroshima… »
-« Etes-vous certaine de vouloir continuer ?... »
Oui, juste une gorgée d’eau et elle reprit :
-« Nous étions donc dans un petit hôtel du cœur de la ville et un matin, alors que je m’étais réveillée avant tout le monde et que le jour se levait… j’ouvrais grand la fenêtre de chambre et je fus soudainement éblouie par une lumière très violente… Je n’eus même pas le temps de penser… tout de suite après cet « éclair » je volais : portée et propulsée par une vague d’air brûlant mêlé de matières, poussières, objets… J’avais la sensation de n’être moi-même qu’une vague… Je ne m’appartenais plus… J’attendais qu’un mur arrête ma course mais ce fut le sol brûlant lui aussi qui réceptionna mon corps disloqué, en feux, sur des décombres, des corps… C’était étrangement silencieux… Pas de cris, pas de pleurs… Juste cette vague qui filait et rageait au loin… Cela semblait interminable… Je n’avais pas mal à proprement parler : non, mon corps tout entier n’était qu’une seule et même douleur… Quelqu’un se jeta sur moi pour éteindre les flammes sur mes vêtements… je m’endormis à ce moment…

Je ne me suis réveillée que 5 jours plus tard, à l hôpital de Kyoto… La chance avait voulue que je ne sois pas gravement blessée… juste quelques brûlures superficielles… Je suis sortie à la mi-août de l’hôpital, habillée du kimono qu’ils m’avaient donné en remplacement de mes habits détruits et emportant avec moi un grand sac de l’aéropostale que j’étais parvenue à dérober au gardien…Beaucoup de lettres du monde entier lui parvenaient… On cherchait dans tous le pays des disparus d’Hiroshima et, je le su ensuite, de Nagasaki…
N’ayant aucune nouvelle des miens, je décidais donc de retourner à Hiroshima… Il me fallut trois jours pour y parvenir…
Une demi-journée de marche dans la ville : tout avait été amoncelé en tas plus ou moins hauts, donnant ainsi un aspect de décombres organisés, séparés par des chemins, des allés reprenant à peu de choses près l’aspect des rues d’avant… Cela me permit de retrouver l’emplacement de l’hôtel…

Je plongeais les mains sous les débris… jusqu’à trouver le sol, recouvert d’environ un centimètre d’une mélasse, noire comme la suie… j’en conclu qu’il s’agissait du dépôt occasionné par le feu, les poussières et cendres mêlés… puis la pluie qui suivit avait dû agglutiner le tout…

Je grattais cette mélasse avec mes doigts et en mit dans mon sac… pendant des heures…. Et l’horreur me fit face lorsque dans mes mains se trouva un bout de tissus qui ne m’était pas inconnu : vert avec des fleurs bleus dessus… un morceau de chemise de nuit calciné sur les bords…. J’aurais tout fait, tout donné pour que l’on prenne ma vie et qu’on laisse mes enfants en paix… Mais ils n’ont pas eut la clémence des cieux…Ils sont morts dans les brasiers des immeubles tombés… Ils ont été fondues comme le métal et la houille dans les fours à coke… leur corps se sont mêlés… mélangés… au bois… aux tuiles… aux tissus… aux autres corps dissous dans ce grand charnier… ce grand brasier… Aujourd’hui, la ville reconstruite est bâtie sur de la poussière… Je trouvais aussi une branche des lunettes de Pierre… Je suis restée pendant deux jours à faire ce geste : gratter, gratter, gratter… mes larmes se noyaient dans chaque poignée de tourbe que je mettais dans mon sac… j’avais mal aux doigts, au dos, aux reins, aux genoux mais qu’importe… j’étais vivante… Et les quelques découvertes que j’avais faites dans le sol me permirent de faire mon deuil… je savais être la seule rescapée de la famille…

Puis je suis rentrée en France, avec mon sac… Une cousine m’aida à me reconstruire, à m’installer ici même… C’était la seule famille qui me restait, mon père et ma mère s’étant tués en voiture peu de temps après mon départ pour le Japon…. Décidément quand le sort s’acharne contre vous….
Je me retrouvais donc ici, sans travail puisque considérée comme invalide par la France… Mais j’avais mon sac… mes poussières…
Je me suis mise à peindre… 154 toiles identiques, telles que celle qui vous intéresse et j’ai confectionné près de 51 Kg de gâteaux secs, ainsi que 51 Kg de bonbons… J’en avais le temps… trop de temps même… et j’allais fêter avec les américains le Thangsgiving de 1949… »
Elle s’arrêta quelques instants, le temps de boire une gorgée d’eau :
-« pourquoi faire la fête avec eux quatre années après les malheurs qu’ils vous ont causés ? »
Une larme perla sur sa joue…. Une grande respiration et :
-« les 20 Kg de mélasses ont mis du temps à sécher… puis il a fallut la mélanger en partie à la peinture… et une autre partie à la vanille, à la réglisse, la banane, le chocolat, la fraise…. Les gâteaux pour tous, les bonbons pour les enfants… »

Là, le silence s’imposa de lui-même… J’eus du mal à réaliser l’ampleur des dernières paroles… je me repassais le fil des propos tenus… l’Horreur du tout…
-« mais pourquoi autant de tableaux, gâteaux, bonbons ? »
-« Pour le Thangsgiving de 1949, j’ai envoyé 3 tableaux, 1 Kg de gâteaux et 1 Kg de bonbons à chaque gouverneur des 51 états des Etats-Unis… »
-« … »
-« j’espérais… qu’ils seraient tous atteints d’une maladie longue telle qu’une Leucémie ou septicémie… qu’ils aient mal comme nous qui avons subit mais n’y sommes pas mort… ceux que l’on appelle Hibakusha ou Rescapés de la Bombe… et je peux vous assurer que chaque nuit depuis 1949, je rêve de ces gens entrain de toucher mes toiles… manger mes gâteaux… les enfants dévorants mes bonbons…oh le bon goût de banane de celui-ci… hum… la fraise de l’autre….»

Elle riait nerveusement... 
D'un geste de la main gauche,  elle me fit signe de partir…
Je pris donc congé et m’arrêtant près de l’Homme dehors…
-« vous êtes Fulbert, son fils ? »
-« oui, j’ai été sauvé par je ne sais quel miracle…après quatre années passées à l’Hôpital, le Consulat de France m’a fait rapatrier auprès de ma mère… Ne la jugez pas trop sévèrement…Elle est morte il y a presque 60 ans maintenant, à des milliers de kilomètres d’ici… et son âme y est encore… »
-« pourquoi a-t-elle fait un tableau de trop ? »
-« il n’est pas en trop… il sera avec elle en sa dernière demeure… c’est le sien… »


Je rentrais chez moi, un peu dépité par tout ça... un sentiment d'avoir parlé à une folle et en même temps à une personne plutôt saine et juste mue par un besoin de vengeance tout à fait naturelle...

Qu'aurais-je fait à sa place?

Et me rappelant la parole prononcée par le pilote d’Enola Gay le 6 Août 1945 alors que le nuage de la bombe montait vers les cieux et que l'expérience américaine semblait réussie...

                     

                             « Mon Dieu… Qu’avons-nous fait ? ...»


Stéphane Fouasseur "La brocante d'Hibakusha". Oct 2007.
*****************
Les Mots contre les Maux...


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur MSN
Publicité






MessagePosté le: Dim 18 Jan - 23:09 (2009)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Admin - Marie BARRILLON
Administrateur
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 25 Déc 2008
Messages: 576
Localisation: Paris
Féminin Vierge (24aoû-22sep) 羊 Chèvre
Point(s): 3 456
Moyenne de points: 6,00

MessagePosté le: Lun 19 Jan - 01:25 (2009)    Sujet du message: La brocante d'Hibakusha Répondre en citant

Comme toujours Stéphane, un grand bravo.
J'adoreeee !!!

Marie
*****************
Mes jours manquent d'heures, pour en faire plus


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
soleildambre


Hors ligne

Inscrit le: 05 Mar 2009
Messages: 9
Localisation: paris 8
Vierge (24aoû-22sep) 蛇 Serpent
Point(s): 43
Moyenne de points: 4,78

MessagePosté le: Jeu 5 Mar - 12:14 (2009)    Sujet du message: La brocante d'Hibakusha Répondre en citant

cher stephane, j'adore ce texte et comme toutes choses excellentes un gout de trop peu vite un livre !!!
*****************
la vie n'est pas un long fleuve tranquille mais il suffit de dompter le courant


Revenir en haut
Stéphane Fouasseur
Top posteur N1
Top posteur N1

Hors ligne

Inscrit le: 17 Jan 2009
Messages: 56
Localisation: Ermont
Masculin Sagittaire (22nov-21déc) 鼠 Rat
Point(s): 1 702
Moyenne de points: 30,39

MessagePosté le: Jeu 5 Mar - 20:32 (2009)    Sujet du message: La brocante d'Hibakusha Répondre en citant

Tu es trop gentille soleildambre.

Disons que je suis en pleine ébauche de livre, oui... Mais ça prend du temps et ça nécessite quelques recherches à droites à gauche, prendre la tendance en étudiant le comportement des gens au sein de mon entourage et ailleurs... Puis après il faut coucher tout ça sur le papier en gardant un fil conducteur qui formera l'histoire... Et c'est long... J'aime que mes écrits ressemblent à la réalité mais je tiens à en retirer le côté "malheur" afin de ne pas les rendre justement trop réels... Parce que si on lit, c'est justement pour se sortir du quotidien... Pas la peine de lire ce que l'on vit tous les jours... Il faut un minimum de surprise et de découverte...

En tout cas merci pour tes remarques. 
*****************
Les Mots contre les Maux...


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur MSN
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:07 (2017)    Sujet du message: La brocante d'Hibakusha

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    L'univers des mots Index du Forum -> Lectures en vrac -> Vos textes perso... Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | créer forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Template zenGarden created by larme d'ange
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com